sam.

01

juil.

2017

Me and the devil blues

Dès les premières images (monochromes), Akira Hiramoto installe le lecteur dans l'atmosphère des plantations de l'Amérique des années 1920. Un lieu où règne la chaleur, l'humidité et le blues. Robert JOHNSON n'est pas très assidu lors de son travail dans les terres et il lorgne plutôt du côté de la musique. Chaque soir, il retrouve l'ambiance des bars, se saisit d'une guitare pour exprimer sa mélancolie. Mais les mélodies qu'il produit sonnent faux et les clients se moquent de lui...

Akira Hiramoto réussit avec brio un premier tome sur la vie et la légende d'un des plus grands « blues man ». Réalité et fantastique se mêlent délicatement et plongent le lecteur dans un autre temps. Il est en effet question d'une fameuse légende américaine qui prétend qu'un musicien en mal de talent peut retrouver l'inspiration, en se tenant à la croisée des chemins, la guitare à la main. À moins qu'il ne rencontre le Diable en personne...

 

Vous aimez la musique et les mangas ? Alors je vous conseille la lecture de cet album, qui est une petite perle du genre. 


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jeu.

01

juin

2017

MOJO, ascension et chute d'une étoile du blues

Le Mojo, c'est la bonne étoile, le destin, la conscience... pour une vie, et le gars qui a un mauvais Mojo est mal barré dans l'existence.

 

Le Mojo de Slim Whitemoon lui accorde un destin singulier.

Né au début du XXe siècle dans une plantation du Mississippi, il saute un jour dans un train avec sa guitare pour seule compagne.

 

C’est le début d'une vie folle et d'un destin chaotique, fait de larcins, de séjours en prison, de filles, de saouleries apocalyptiques, de vagabondage, de succès et même de gloire !... avant un retour vers la solitude de l'anonymat.

En chemin, il croisera Blind Lemon Jefferson, Sonny Boy Williamson, Robert Johnson...

 

Dans des ambiances musicales, enfumées et gouailleuses, Rodolphe et Georges Van Linthout nous content l'histoire d'un bluesman imaginaire, et nous emmènent sur ses pas de vagabond génial dans les remous d’une vie passionnée.

POUR INFO 

 

Scénariste : Rodolphe

Dessinateur : Georges Van Linthout

 

Collection: Intégra

Format : 170 x 245 mm

192 pages

EAN/ISBN : 9782749305561

Prix: 20.50 €

 

 

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dim.

07

mai

2017

AVERY'S BLUES... ou le pacte revisité

Mississippi, 1935...

Son âme ? Pas assez pure, le Diable n'en veut pas. Mais s'il lui en fournit une meilleure, en lieu et place de la sienne, marché conclu. Voilà comment, accompagné du pauvre petit Johnny, Avery entame un périple vers le Sud durant lequel les deux acolytes se débarrasseront de leurs carapaces et montreront la véritable couleur de leurs âmes...

Le thème du guitariste médiocre qui vend son âme au diable... repris dans une version plus vicieuse.

PARUTION 21/09/2016

200 X 280 mm

88 pages

Relié

ISBN : 9791090090972

17 €

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sam.

01

avril

2017

Love in Vain...  une légende du blues en BD

Plus qu’un musicien, une légende figure mythique du blues, Robert Johnson est mort à 27 ans, sans doute empoisonné par un rival amoureux. Guitariste prodige que nous avons déjà évoqué sur ce blog, il aurait hérité de ses dons en vendant son âme au diable.

De ce personnage énigmatique dont on ne connaît le visage qu'à travers deux photos retrouvées longtemps après sa mort, les auteurs dessinent un portrait fascinant qui explore son âme tourmentée et son existence sulfureuse.

Un hommage digne du culte phénoménal dont Robert Johnson est l'objet auprès des amateurs de blues et de rock. Non seulement pour son oeuvre magistrale, mais aussi parce que son style a influencé plusieurs générations de musiciens, notamment les Stones, Eric Clapton, Bob Dylan, Led Zeppelin ou plus récemment les White Stripes.

En filigrane de ce portrait, "Love in Vain" est également une chronique aussi poignante que truculente de la vie quotidienne des Noirs dans le Mississippi ségrégationniste des années 1930.

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mer.

01

mars

2017

Le rêve de Meteor Slim

L'histoire et les figures du blues ont richement inspiré plusieurs auteurs de bandes dessinées.

STARASSOPROD choisit aujourd'hui, pour changer de registre, de vous parler un peu du blues dans la BD.

Les images et l'esprit du blues sont particulièrement présentes dans LE REVE DE METEOR SLIM de Frantz Duchazeau. Ce magnifique album nous fait suivre dans le Mississippi des années 1930, la figure d'Edward Ray Cochran qui a largué boulot, femme enceinte et maison pour partir guitare à la main sur les routes. Pour réussir, pas de secret : “La route est longue, mais ’y faut tenir, c’est tout”. “Frangines” d’un soir, bagarres de bar, whisky au goulot, cabarets crasseux et producteurs véreux : la voie de la reconnaissance n’est pas de tout repos.

La vraie-fausse histoire d’un bluesman ou la quête tragi-comique d’un homme cherchant à échapper à sa condition par l’exercice de son art. L'album est un voyage fiévreux dans le territoire du blues, à lire en écoutant Robert Johnson...

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mer.

01

févr.

2017

Les racines du blues, c'est aussi Mamie Smith

Artiste américaine connue sous le nom de Mamie Smith, Mamie Robinson est née en 1883 à Cincinnati (Ohio).

 

Tour à tour danseuse de revue, chanteuse de jazz et de blues, pianiste et actrice, elle fut la toute première grande chanteuse de blues américaine.

De club en club, elle intègre en 1918 la revue "Made in Harlem" de Percy Bradford, et enregistre en février 1920 le premier disque du genre "Crazy Blues" qui se vendra à 75.000 exemplaires en moins d'une semaine.

 

De nombreux artistes accompagnent Mamie Smith, qui forme en 1936 un groupe dénommé Beale Street Boys.

Comme  nombre d'artistes de cette époque, elle meurt en 1946 dans le plus grand dénuement à l'hôpital de Harlem. Elle repose aujourd'hui au cimetière de Staten Island (NYC).

 

Par chance, il existe quelques documents vidéo de cette grande époque...

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mer.

02

nov.

2016

Leroy Carr, or Sloppy Drunk Blues

Né en 1905 à Nashville, Leroy Carr déménage avec sa famille à Indianapolis en 1912  et y apprend le piano par lui-même en écoutant le pianiste Ollie Akins.

Il devient très jeune musicien professionnel, bootlegger occasionnel, goûte à la prison en 1925, puis reprend le piano un an plus tard dans les clubs de jazz locaux.

C'est là qu'il rencontre Francis "Scrapper" Blackwell, guitariste occasionnel et bootlegger à plein temps, avec qui il commence à jouer.

En 1928 ils enregistrent ensemble How Long How Long Blues, qui devient un énorme succès mondial et fait leur réputation. Puis ce sera d'autres morceaux devenus des standards quelques années plus tard : Naptown Blues, We're Gonna Rock, Corn Licker Blues...

Malheureusement le goût de Leroy Carr pour le whisky lui sera fatal. Il enregistre son dernier disque en février 1935, sous le titre prophétique de "Six Cold Feet in the Ground" et meurt deux mois plus tard, vraisemblablement d'une cirrhose....à l'âge de 30 ans !

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jeu.

02

juin

2016

Hokum and ragtime, avec Papa Charlie Jackson

Né William Henry Jackson en 1887, Papa Charlie Jackson jouait du banjo, de la guitare et du ukulélé.  Considéré comme le roi du Ragtime Guitar (forme de picking), il fut un des premiers musiciens de blues des années 1920 à s'exprimer dans ce qui fut baptisé le "Hokum Genre"... mélange de paroles humoristiques et d'allusions parfois salaces !

D'abord itinérant, il jouera pendant longtemps dans les clubs de Chicago.Son plus grand succès reste "Salty Dog Blues", qu'il est supposé avoir écrit, de même que le célèbre "Spoonful" réarrangé par la suite par Willie Dixon.

Papa Charlie Jackson a également accompagné pour ne citer qu'elles, Ida Cox, Hattie Mac Daniel ou Ma Rainey.Bien que peu reconnu dans le monde du blues, sa carrière compte tout de même 66 morceaux dont la plupart enregistrés sous le label Paramount Records... son dernier enregistrement ayant été fait avec Big Bill Bronzy.Il décèdera en 1938 à Chicago.

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lun.

04

avril

2016

JB Lenoir et l'Alabama Blues

Né le 5 mars 1929, à Monticello, Mississippi, il commence à apprendre la guitare très tôt, partageant ses journées entre le travail aux champs la journée, et l'apprentissage de la guitare le soir.

Très connu pour ses costumes rayés et son jeu de scène, mais aussi et surtout pour sa voix au timbre si particulier, il joue en 1949 dans les clubs de Chicago, en compagnie de Big Macéo, Muddy Waters et surtout Memphis Minnie.  Durant cette période, il écrira plusieurs standard du blues comme : "Don't Dog Your Woman", "Mojo boogie" en 1953, puis l'année suivante, le controversé "Eisenhower blues" qui deviendra plus prosaïquement "Tax paying blues". Mais c'est surtout "Mama talk to your daughter" qui fait de J.B. Lenoir une vedette du Chicago blues.

Mais c'est à partir des années 60, avec "The Civil Rights Movement", qu'il évolue vers des textes sur le racisme ou au contenu politique plus engagé, avec le très célèbre "Alabama Blues", abandonnant la guitare électrique au profit de l'acoustique.

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mer.

02

mars

2016

"Furry plays the blues"

C'est en 1893 que Walter Lewis voit le jour à Greenwood dans le Mississippi.

Il grandit à Memphis, où ses camarades de classe le surnomment « Furry », et bricole alors sa première guitare en utilisant une boîte de cigares.

 

Victime d'un accident de train en 1916 il est amputé de la jambe droite mais gagne sa vie en tant que musicien professionnel, participant notamment à des spectacles de rue et ambulants, avec un répertoire de country blues mêlé de folk music.

 

C'est grâce à des musiciens comme Gus Cannon qu'il découvre le blues et chante des personnages du folklore américain comme John Henry et Casey Jones... 

 

Il joue en slide, avec un bottleneck et pratique également le finger-picking.

Furry Lewis a influencé Bob Dylan et Joni Mitchell lui rend hommage en 1976 sur le titre "Furry Plays the Blues".

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sam.

02

janv.

2016

Hart Ancker Wand.. and the "Dallas Blues"

Essentiellement connu pour avoir publié en 1912 le "DALLAS BLUES", Hart A. WAND (3 mars 1887 – 9 août 1960), était un violoniste américain d'origine allemande, également chef d'orchestre à Oklahoma City.

"Dallas Blues" est supposé être le premier "vrai" blues jamais publié.

En 1909, après la mort de son père, droguiste et pharmacien à Topeka, WAND prend le contrôle de la l'usine familiale à Oklahoma City tout en continuant la musique. Puis il déménage son entreprise à Chicago, avant de s'installer en 1920 à la Nouvelle-Orléans. Dans le cadre de ses affaires, il voyage en Europe, en Amérique latine.

On a toutefois peu de détails sur sa vie...

Samuel Charters, qui a interviewé WAND pour son livre The Country Blues (1959), raconte que le titre de DALLAS BLUES aurait pour origine la remarque d'un des ouvriers du père de WAND, nostalgique de sa ville d'origine, DALLAS.

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mar.

01

déc.

2015

Sylvester Weaver, pionnier du "slide guitar style"

Né en 1897 dans le Kentucky, c'est dans le quartier populaire de Smoketown, à Louisville, qu'il va passer la majeure partie de sa vie, alternant la musique et des emplois de portier, concierge ou chauffeur...

C'est en novembre 1923 qu'il enregistre à New-York sous le label Okeh Records, les deux premiers morceaux de country-blues instrumentaux, l'un a la guitare, l'autre au banjo. Ces enregistrements ("Guitar Blues" et "Guitar Rag") seront aussi les tout premiers réalisés utilisant la méthode du "slide"... appelée aussi "bottleneck", du nom du petit accessoire cylindrique ressemblant au goulot d'une bouteille, que l'on fait glisser sur les cordes pour faire varier la hauteur de la note.

Parfois accompagné par Sara Martin, puis par Walter Beasley et la chanteuse Helen Humes, Weaver utilisant toujours la technique du slide avec un couteau, enregistrera une cinquantaine de morceaux jusqu'en 1927, année de son retour dans sa ville natale où, retourné à l'anonymat, il restera jusqu'à sa mort en 1960.

En 1992, sa carrière sera honorée par une compilation de deux CD, réunissant l'intégralité de ses morceaux, et une pierre tombale sera gravée en son honneur par la Kentuckiana Blues Society (KBS) basée à Louisville.

C'est en outre depuis 1989 que la KBS choisira d'honorer chaque année un bluesman méritant d'un Sylvester Weaver Award...


Cette chronique est dédiée à notre grand ami Jimi Barbiani... digne héritier de ces bluesmen quant à la pratique du slide.

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dim.

01

nov.

2015

Un peu de "Texas Blues" avec Smokey Hogg!

Né en 1914 au Texas Andrew Smokey Hogg est un musicien de blues itinérant qui sillonne le Texas au début des années 40 et qu'on retrouve souvent en compagnie du guitariste Black Ace dans les dancing et les petits clubs.

Bien qu’issue d’un milieu rural, sa musique représente une évolution du blues texan classique avec l’utilisation de la guitare électrique.
Ses premiers enregistrements connus sont réalisés après guerre à Los Angeles.

En 1948 et jusqu'en 1953, il en fait une longue série pour "Modern Records" parmi lesquels "Big Leg Woman" et "Unemployment Blues". Puis début 1949 on retrouve Smokey en compagnie de Hadda Brooks au piano, Bill Davis à la basse et Al Wichard à la batterie, pour une session de quelques titres : "By My So And So", "My Baby's Worrying Me", "Little Schoolgirl", "Suitcase Blues", "Everybody's Got A Racket", "What More Can A Woman Do", and "The Way You Treat Me" ainsi que l'intéressante tune "You're Gonna Look Like A Monkey When You Get Old".

Puis en 1955 avec "Meteor Records", un label basé à Memphis, et en 1957 avec "California's Ray's Records" de Pasadena, ce sera "Penitentiary Blues parts 1 and 2" à l'origine enregistré à "Hollywood masters"... avant son dernier single qui sort sur le label "Ebb" en 1958 avec les titres suivants : "Sure Nuff" et "Good Morning Baby".

 

Smokey Hogg a joué et enregistré des blues américains originaux pendant vingt ans, mais comme beaucoup d'autres, n'a jamais vraiment obtenu la reconnaissance du public.
Son style blues texan "old school" aura cependant laissé des traces auprès des amateurs de blues, grâce à la multitude de labels ayant enregistré son travail.

Andrew Smokey Hogg meurt dans la misère... en mai 1960 au Texas.


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jeu.

01

oct.

2015

A Pioneer Award... for Huey "Piano" Smith

Né en 1934 à La Nouvelle Orléans, Huey Smith com-mence à jouer du piano à l'âge de 15 ans...

Influencé par Fats Domino et par le style unique de Professor Longhair, combi-naison savante de rumba, mambo et calypso, il se taille très vite une belle réputation parmi l'élite du R & B...


Devenu très populaire sur la scène de la Nouvelle Orléans, il monte son groupe en 1957, The Clowns, et obtient un disque d'or pour son mythique "Rockin Pneumonia and the Boogie Woogie Flu"...

L'année suivante il sort un titre qui deviendra un immense succès : "Don't You Just Know It". Il signe avec Ace Records, collabore avec des tas de grands noms du Rhythm & Blues et obtient en 2000, pour couronner tout son parcours, le Pioneer Award de la R&B Foundation.

Puis il rejoint les Témoins de Jéhovah et met alors un terme définitif à sa carrière...

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dim.

30

août

2015

Out and down style... avec Mance Lipscomb

Né en avril 1895 au Texas, fils d'un ancien esclave, Mance Lipscomb,

commence sa carrière musicale en jouant du violon, puis en animant piques-niques et dancings... pour noirs comme pour blancs.

Il n'apprendra la guitare que sur le tard, et en autodidacte, avec un style très caractéristique : il joue une ligne de basse continue, avec arpèges sur les cordes aiguës de sa guitare.

Ce n'est que plus tard qu'il viendra au blues : gospels, ballades, morceaux à danser etc... le fond du répertoire des vieux "songsters" texans. Sa voix est douce et s'accorde à la perfection avec sa musique légère et dansante et sa philosophie personnelle, mélange de bon sens paysan, de christianisme fervent et d'amour du prochain.

Il joue régulièrement dans sa ville natale de Navasota, et ce n'est qu'en 1960 qu'il est découvert par deux musicologues qui lui font enregistrer sa musique.

Il participe alors à de nombreux festivals, tout en continuant à cultiver son lopin de terre, et décède en 1976, marquant l'histoire du blues de son empreinte.

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sam.

01

août

2015

"The father of the blues"... William Christopher Handy

Né en 1873 dans l'Alabama, le surnom de ce musicien et compositeur de blues, également auteur de plusieurs ouvrages sur ce thème, tire ses origines de son autobiographie "The Father of the Blues".

Fils de pasteur, il rencontre beaucoup de difficultés pour faire accepter sa passion dans le cercle familial.. et finit par quitter l'Alabama.

Il s'essaie à de nombreux métiers du bâtiment, avant de travailler enfin dans le créneau qu'il affectionne, comme chef d'orchestre, cornettiste et trompettiste. Doté d'une mémoire remarquable, il retranscrit toutes les musiques qu'il entend lors de ses voyages, participe à plusieurs tournées musicales, et enseigne même la musique à l'AAMC, seule université ouverte aux noirs en Alabama, poste qu'il va quitter pour revenir à ses premières amours et diriger un groupe de Clarksdale, The Knights of Pythias.

C'est en 1909 qu'il s'installe alors à Memphis, observant l'évolution d'une nouvelle musique populaire : le blues.
La publication en 1912 de la partition de son MEMPHIS BLUES introduit son style dans de nombreux foyers des états du sud. On le citera même comme ayant inspiré le nouveau pas de danse "Fox Trot".

Auteur-compositeur des célèbres Saint Louis Blues, Beale Street Blues, Yellow Dog Blues, pour ne citer qu'eux... il rédige également et publie en 1926 une anthologie du Blues qui est probablement la première tentative d'enregistrer, d'analyser et de décrire le blues comme partie intégrante du sud et de l'histoire des Etats Unis d'Amérique.  Bien qu'Handy n'ait pas été le premier à jouer et enregistrer des chansons blues, ce musicien instruit a réussi à faire évoluer cette musique d'un obscur style régional vers une des forces dominantes de la musique américaine.

Il meurt à New York en 1958 et est enterré dans le Woodlawn Cemetery du Bronx.

Il reste dans les mémoires un des artistes les plus influents de son époque.

 

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ven.

03

juil.

2015

The soul of a man: Skip James

Né en juin 1902 dans une plantation du Mississippi, Nehemiah « Skip » James s'intéresse très tôt à la musique et apprend la guitare dès l'âge de huit ans, puis le piano à l'école... qu'il abandonne rapidement pour se produire dans les bars et aux abords des églises (son père était un pasteur baptiste). Il travaille ensuite comme ouvrier dans la construction de routes et la maçonnerie, ce qui lui inspirera plus tard sa chanson Illinois Blues. Skip James a énormément inspiré les autres bluesmen américains, par son style de guitare particulier : il joue entièrement aux doigts avec un picking très précis, rapide et clair, se servant d'un accord ouvert peu usité : le ré mineur, et chante en utilisant essentiellement la voix de tête.

A l'époque du krach boursier des années 30, il décide d'arrêter le blues et devient pasteur, comme son père.

Ce n'est qu'en 1964 qu'il remontera sur scène, encouragé par de jeunes fans de blues et des groupes émergents qui reprendront certains de ses titres, payant également ses frais d'hôpital et ses funérailles lorsqu'il sera atteint d'un cancer et décèdera en 1969. Wim Wenders lui consacrera en 2003 un volet de son film "The soul of a man" mettant en exergue les deux étapes majeures de sa carrière : sa période nostalgique de blues profane (Devil got my woman, Cypress blues), et sa période plus légère de blues chrétien (Jesus is a mighty good leader).


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sam.

30

mai

2015

Texas Alexander & the famous house of the rising sun

Algernon Alexander, dit Texas Alexander, né en 1900 au Texas, fut l'un des rares chanteurs de blues américain à ne s'accompagner d'aucun instrument.

Sa carrière démarre dans la région de la rivière  Brazos, où il se produit en compagnie de Blind Lemon Jefferson.

Il commence à enregistrer dès 1927 à New-York puis au Texas, notamment pour les labels Okeh Records et Vocalion.

C'est en novembre 1928 qu'il enregistre ce qui est considéré comme la plus ancienne version répertoriée de "The House of the Rising Sun".

Cette célébrissime chanson a été reprise par les plus grands (Bob Dylan, The Animals, Nina Simone... pour ne citer qu'eux), mais ses paroles actuelles et son sens même n'ont plus rien en commun avec la version initiale, d'où le caractère controversé de cette "paternité".

Alexander ne jouant d'aucun instrument, s'entoure au fil de sa carrière de musiciens prestigieux comme King Oliver, Lonnie Johnson, les Mississippi Sheiks, Eddie Lang ou son cousin Lightnin' Hopkins.

Incarcéré en 1940 au Texas, pendant 5 ans, pour le meurtre de sa femme, il poursuit sa carrière à sa sortie. Son dernier enregistrement date de 1950.

Texas Alexander meurt des suites de la syphilis en 1954...

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jeu.

30

avril

2015

Will Shade and the "Memphis Jug band"

Will Shade, né en 1898 à Memphis, également connu sous le nom de Son Brimmer (surnom du à sa grand-mère qui l'a élevé) fut à l'origine de la création du Memphis Jug Band. 

Il composait et chantait la plupart des chansons du groupe, s'accompagnant à l'harmonica, à la guitare ou à la contrebassine (instrument artisanal fabriqué généralement à partir d'une bassine en tôle galvanisée tenant lieu de caisse de résonance, d'un bâton tenant lieu de manche et d'une seule et unique corde - la basse primitive des tout premiers joueurs de jazz et de blues).


Le groupe évolua au fil des années, enregistrant différents styles de musique, notamment  blues et gospel... puis se sépara à la fin des années 1930 en raison de la violence urbaine et des changements dans le paysage musical de Memphis.

On retiendra quelques uns de leurs plus grands succès comme "Lindberg Hop", "On the Road Again", "Newport News Blues" ou encore "Stealin' Stealin"...

Le style unique de Will Shade à l'harmonica, dans la plus pure tradition country-blues, servit plus tard de référence à des harmonicistes de renom tels Big Walter Horton, Sonny  Boy Williamson ou encore Charly Musselwhite qui le considéra comme son mentor.


Dans les années 1940, Shade créa plusieurs autres Jug bands, jusqu'à ce que ce style de musique redevienne populaire vers le milieu des années 60. C'est à cette époque qu'il enregistra son dernier album, accompagné par le charismatique Gus Cannon, avant de mourir d'une pneumonie à l'hôpital John Gaston de Memphis, Tennessee.

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lun.

30

mars

2015

Henry Thomas and the "quills"

Peu connu, issu d'une famille d'esclaves affranchis, il eut une brève mais remarquable carrière à la fin des années 20 : né en 1874, Henry Thomas fut un pionnier du "Ragtime Texas Blues" ...

Sur les routes dès l'adolescence, il voyageait suivant les  lignes de chemin de fer, semi clochard, semi saltimbanque, divertissant sur son passage les employés du rail.


Outre la guitare, Thomas s'accompagnait de "quills", un instrument folklorique fabriqué à partir de roseaux de canne dont le son est similaire à la Zampona joué par des musiciens au Pérou et en Bolivie. Cet instrument cousin de la flûte de pan, mais originaire d'Afrique, était en vogue au début du 19ème chez les 1ère et 2ème générations d'esclaves des plantations du sud.

Henry Thomas a laissé à sa disparition en 1930 d'incontournables chansons qui seront reprises au début des années 60, telle "Honey just allow me one more chance", par Bob Dylan en 1963. Puis "Fishin 'Blues" enregistrée par le groupe folk-rock US Lovin' Spoonful en 1965,  et trois ans plus tard, en 1968, par Taj Mahal pour un de ses premiers albums.

"Bull Doze Blues", fut retravaillée par le pianiste Johnny Miller en 1927 qui en ré-écrit les paroles.... "Going up the country", réarrangée par le groupe de blues-rock Canned Heat apparaîtra en version live dans le film "Woodstock".

Enfin (pour ne citer que les essentielles), "Don't ease me in" reprise par Grateful Dead sur leur album "Go to heaven"....

Son dernier enregistrement daterait de 1929, l'année précédant sa disparition.


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dim.

01

mars

2015

A banjo blues legend, Gus Cannon

Gus Cannon, le plus jeune de dix frères, est né le 12 septembre 1883 de parents métayers à la plantation Henderson Newell (Mississippi). A l'âge de 12 ans, en compagnie de son frère Tom, il se rend à Clarksdale pour travailler dans les champs de coton. C'est là qu'il se fabrique son premier banjo avec une boîte à pain.


Puis il se produit dès l'âge de 19 ans dans les fêtes du samedi soir, trouve un travail auprès de la compagnie de chemin de fer à Belzoni et forme son premier Jug Band avec Jim Guffin. C'est en 1907 qu'il rencontre Noah Lewis, un joueur d'harmonica qui avait la capacité de jouer de deux harmonicas à la fois... l'un avec sa bouche, l'autre avec son nez.

Noah Lewis lui présente alors le guitariste Ashley Thompson alors âgé de 13 ans. On retrouve Gus dans le circuit de medecine show sous le nom de Banjo Joe, puis sur Beale Street à Memphis, mais c'est en 1928 que Ralph Peer du label Victor lui fait enregistrer 26 pistes en trio, avec ses acolytes Noah Lewis et Ashley Thompson, sous le nom de Cannon's Jug Stompers.

Vénéré par de nombreux artistes des années 60, au nombre desquels figure Bob Dylan, il fera une réapparition lors du blues revival aux côtés de Furry Lewis et Bukka White, avant d'enregistrer un nouvel album en 1963. Il décèdera en 1979 à Memphis.

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mer.

04

févr.

2015

Daddy Stovepipe... l'homme orchestre au chapeau


De son vrai nom Johnny Watson, DADDY STOVEPIPE chanteur, guitariste et harmoniciste de  blues afro-américain a également enregistré sous les pseudonymes de Sunny Jim et Rev. Alfred Pitts. Il pourrait être (de par sa naissance en 1867 et non par la date des sessions)  le bluesman le plus ancien à avoir été enregistré.

Une bonne partie de ses titres sont des duos avec sa femme, généralement créditée sous le nom de Mississippi Sarah.

Sa carrière débute avant 1900 au Mexique en tant que guitariste à 12 cordes dans un groupe de mariachi. Il tourne ensuite dans les états du Sud des États-Unis avec la Rabbit's Foot Company et c'est seulement dans les années 1920 qu'il commence à faire l'homme-orchestre sur Maxwell Street à Chicago. C'est alors que son chapeau lui vaut le surnom de Daddy Stovepipe (Stovepipe = Tuyau de poêle, expression désignant les chapeaux hauts de forme). 

Enregistré en 1924 avec le titre Sundown Blues, considéré comme l'un des plus anciens blues enregistrés, il apparaît en 1927 sur des disques pour Genett Records, puis en 1931, enregistre pour le label Vocation Records avec sa femme, chanteuse et joueuse de jug. A la mort de Sarah en 1937 il retourne sur les routes, jouant notamment dans des groupes Cajuns, et à nouveau mariachi.

En 1948, il redevient musicien de rue à Chicago, puis est une dernière fois enregistré en 1960, alors âgé de 93 ans, avec un répertoire musical augmenté de titres traditionnels tels que "The Tennessee Waltz".

Daddy Stovepipe décéde en 1963 à Chicago à l'âge de 96 ans.

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sam.

03

janv.

2015

Son HOUSE et son "Death Letter blues"

À la différence de certains guitaristes de blues des années 1920 et 1930, Son House n'est pas un virtuose, et sa technique n'est pas particulièrement impressionnante. Son manque de technicité est toutefois compensé par un style puissant et novateur, très rythmé, répétitif, souvent joué au bottleneck, accompagnant un chant qui doit beaucoup à celui des forçats des « chain gangs ».

Sa musique est une musique festive, adaptée à l'atmosphère bruyante des « barrelhouse » et autres salles de danse.

Son House a eu une grande influence sur Muddy Waters mais aussi Robert Johnson, qui a repris certains de ses morceaux.

C'est encore lui qui, par ses récits à de jeunes fans de blues ébahis des années 1960, répandit la légende selon laquelle Robert Johnson aurait vendu son âme au diable en échange de sa virtuosité musicale.

Plus récemment, sa musique a influencé des groupes de rock comme les White Stripes, qui ont repris son morceau Death Letter et l'ont joué plus tard aux Grammy Awards 2004.

Originaire du Mississippi, il est l'un des pionniers du Blues du delta... A sa mort en 1988, les membres de la Delta Blues Society organisent un concert dont les bénéfices servent à ériger un monument sur sa tombe...

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sam.

13

déc.

2014

Blind Willie Mc Tell et la musique en braille

Willie Samuel Mc Tear, dit Blind Willie McTell est né en 1898 en Georgie.


Il apprend la guitare avec sa mère au début de son adolescence et joue dans des carnavals et des concerts, jusqu'au début des années 20. Il découvre parallèlement le braille et devient très vite un musicien accompli, capable de lire et écrire la musique en braille.


Il réalise son premier enregistrement en 1927, puis pour de nombreux labels et sous divers surnoms comme « Blind Willie », « Georgia Bill », « Hot Shot Willie », « Blind Sammie », « Barrel House Sammy » et « Pig 'n' Whistle ».


Blind Willie jouait notamment en fingerpicking sur une guitare à 12 cordes, dans un  style très particulier mêlant le son cru du Delta Blues à celui plus élaboré de l'East Coast Blues.

Il décèdera en août 1959...


Bob Dylan lui dédiera une chanson, reprise en 2012 par Francis Cabrel.


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mar.

18

nov.

2014

Un fabuleux duo des années 1920... les Baxter

A DECOUVRIR !!!!

On sait peu de choses sur ce duo exceptionnel père-fils : Andrew et Jim BAXTER.

Afro-américains, originaires de Georgie, Andrew Baxter au violon et son fils Jim à la guitare et au chant, accompagnent en 1927 en Caroline du Nord le quartet Georgia Yellow Hammers, natifs comme eux de Gordon County... avec qui Andrew enregistre le célèbre G-Rag.


Un de leurs plus grands succès "Operator Blues" est encore disponible à l'écoute (video ci-dessous), moment musical exceptionnel.

Le duo est à l'origine, avec son K.C. Railroad Blues, d'une compilation qui sortira en 2012 : "An Anthology of American Railroad Songs" by Steve Leggett.

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jeu.

30

oct.

2014

Libba... et le "cotten picking"

Née en janvier 1895 en Caroline du Nord, Elizabeth Cotten,  surnommée "Libba" fut une musicienne américaine de blues et de folk.

Gauchère et autodidacte, sa particularité, outre le fait qu'elle ne connaissait aucune des techniques musicales conventionnelles, était de tenir sa guitare à l'envers, ce qui l'obligeait à jouer les basses de ses doigts et les mélodies de son pouce.

Cette technique si spéciale fut bapti-sée "Cotten Picking"...

Elle découvre la musique avec le vieux banjo de son père, puis économise pour s'offrir à 8 ans sa première guitare qu'elle appellera Stella. Serveuse dans sa jeunesse, puis femme de ménage, elle jouera pendant de nombreuses années de manière occasionnelle. Ce n'est que vers la soixantaine qu'elle commencera à enregistrer sous le label Folkways et se produire sur scène, notamment avec Mississippi John Hurt, Johnny Lee Hooker ou Muddy Waters... Certaines de ses compositions furent reprises par de grands noms du blues ou de la musique folk, en particulier "Freight Train".

Elle mourra à 92 ans après avoir reçu quelques années auparavant le Grammy Awards de la "Meilleure chanson traditionnelle" pour son album Elizabeth Cotten Live. En 1989, Cotten fit partie des 75 femmes afro-américaines choisies pour apparaître dans le documentaire photo, I Dream a World.

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mer.

08

oct.

2014

The  "Original Soul Sister"... Sister Rosetta Tharpe


On raconte qu'elle désaccordait sa guitare avant ses concerts, obtenant ainsi un son émouvant très particulier, proche de celui des instruments à cordes africains.

Chanteuse et guitariste noire-américaine née en 1921 à Cotton Plant dans l'Arkansas, Rosetta Tharpe fut influencée musicalement par sa mère Katie Bell Nubin, dite Mother Bell.

Découverte par le label Decca en 1938, elle obtient rapidement un succès phénoménal qui la mèneront sur les scènes du Cotton Club et du Carnegie Hall de New York, se partageant l'affiche avec Cab Calloway ou Benny Goodman.

Les succès vont alors s'enchaîner : Rock Me, This Train...

Arrive la Seconde Guerre mondiale : Sister Rosetta se produira avec le Golden Gate Quartet, fameux ensemble vocal de gospel et negro spiritual. Puis en 1951 ce sont quelques enregistrements avec sa consoeur Marie Knight : «There is a Highway to Heaven» et «I'm Bound for Higher Ground»... pour ne citer que ceux-là.

Femme d'Église, Sister Rosetta Tharpe est avant tout une chanteuse de gospel à la voix véhémente, mais son jeu de guitare swingant et plein de notes bleues, très ancré dans la tradition du blues urbain, aura une influence certaine sur d'incontournables stylistes du rock'n'roll, tels Jerry Lee Lewis, Elvis Presley ou Keith Richards. 

Cette femme a su devenir une star dans un monde d’hommes et imposer des tournées mixtes en des temps d’apartheid strict. Une femme qui a su faire sonner sa guitare comme personne ne l’avait fait auparavant, insufflant dans le cœur de Little Richard, d’Elvis, de Chuck Berry lui-même, puis de la génération suivante jusqu’en Angleterre, une flamme qui allait finir par incendier la terre entière.

Elle enregistrera quelques blues avec l'orchestre de Lucky Millinder et fera même une apparition dans le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain...

La chanteuse décède d'une congestion cérébrale le 9 octobre 1973 à Philadelphie.

jeu.

11

sept.

2014

Fats Domino, du blues au rock'n'roll

"Pianiste au jeu technique subtil, il a toujours su combiner  dans un style inimitable les musiques de son enfance, telles que le blues, le ragtime ou le boogie-woogie. Son ascension soudaine provient de ses chansons novatrices qui marquent de leur sceau les prémices d'un style musical qui allait devenir quelques années plus tard le rock'n'roll".

 

Antoine Domino voit le jour en 1928 à La Nouvelle Orléans... 

Initié au piano, au chant, et au français (sa langue maternelle) par son beau-frère Harrison Verrett, il donne son premier concert à l'âge de dix ans puis quitte l’école la même année et devient ouvrier d’usine, occupant la scène des night-clubs en soirée. C’est pourtant simplement à dix-neuf ans qu’il décide de devenir musicien professionnel. C'est de sa carrure imposante qu'il tirera son surnom de "Fats", faisant également référence à son admiration pour le pianiste Fats Waller.

Sa rencontre avec un agent d'Impérial Records va donner le jour à une grande et belle carrière. Ensemble, ils composent, transforment et arrangent des morceaux pour que Fats puisse ensuite les enregistrer. La première chanson transformée est le classique "The Junker's Blues" jugée inappropriée comme chanson pour le grand public. Ils changent alors les paroles, modifient la mélodie et la baptisent "The Fat Man".  Cette version considérée radicale par sa cadence et sa distorsion émotionnelle deviendra la base de la musique populaire appelée ROCK'N'ROLL.

On peut attribuer à Fats d’avoir donné un style et un son particulier à la musique rock, dite révolutionnaire à l’époque, même s'il y avait peu de paroles choquantes ou scandaleuses. Pour Fats, ses chansons n’étaient pas révolutionnaires et ne faisaient qu’amplifier ses racines et ses traditions afro-américaines d’origine créole et catholique, mais elles étaient nouvelles pour la majorité de la population américaine.

Avec la montée des autres grands musiciens rock, la carrière de Fats ralentit. En juin 1956, il enregistre, sous l'étiquette Master Records, une nouvelle version modifiée du vieux classique Blueberry Hill, qui devient sa chanson la plus célèbre.

Même si Domino a été l’artiste rock ‘n’ roll le plus célébré, avec le plus grand nombre d'admirateurs fervents après Elvis dans les décennies 1950 et 1960, il est aujourd’hui le plus oublié, étant même absent des grandes encyclopédies de la musique rock.

Victime de l'ouragan Katrina, il a reconstruit sa maison et vit toujours en 2014 à La Nouvelle Orléans...

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ven.

15

août

2014

Mamie Smith... the birth of Blues Market


Plus connue sous le pseudonyme de Mamie Smith, Mamie Anderson n'est encore qu'une enfant lorsqu'elle débute sa carrière artistique comme danseuse dans la troupe des Four Mitchells.
Née en 1883 à Cincinatti, elle touche un peu à tout avant d'entrer en 1918 dans la revue de Perry Bradford : "Made in Harlem"...

C'est à l'initiative de ce pianiste, convaincu qu'il y avait un marché à prendre dans ce style de musique, qu'elle enregistre en 1920 sous le label OKEH le tout premier disque de blues... qui fera son succès : Crazy Blues.

En moins d'un mois ce titre se vendra à 75.000 exemplaires, un énorme succès !

Pour des raisons de marketing... eh oui, déjà à l'époque, le titre original de "Harlem Blues" sera transformé en "Crazy Blues".

Cet enregistrement est d'une importance capitale dans l'histoire du blues, puisque c'est lui qui ouvrit la porte de l'industrie du disque à la communauté noire-américaine.

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ven.

25

juil.

2014

Sam Lightnin' Hopkins, ou le Texas Blues

Sam Hopkins est né au Texas en 1912 et s'initie très jeune à la musique : à huit ans il confectionne sa première guitare avec une boîte de cigare et du grillage à poule pour les cordes et à dix ans, il commence à jouer avec son cousin, le chanteur de country blues Alger "Texas" Alexander et avec Blind Lemon Jefferson qui le pousse à continuer.

Au milieu des années 1930, un séjour à la prison de Houston, l'obligera à mettre de côté la musique. À sa sortie, il retrouve Alexander et se remet à jouer avec lui dans les clubs de blues.

 

C'est en 1946 qu'il sera découvert par Lola Anne Cullum du label Aladdin Records de Los Angeles qui l'enregistre pour la première fois. Il est associé pour l'occasion avec un pianiste du nom de Wilson "Thunder" Smith et c'est à la suite de cette association que Sam Hopkins reçoit son surnom Lightnin' (en anglais thunder signifie « tonnerre » et lightning « éclair »).

Katie May, la chanson "phare" qui sort de cette première séance d'enregistrement devient très vite un grand succès.

Le talent d'Hopkins impressionne le label : il enregistrera 43 autres fois pour Aladdin Records, mais ses enregistrements ne sortent pas de la communauté noire.

Il lui faudra attendre 1959 et sa rencontre avec le producteur Sam Chambers pour que sa musique devienne populaire auprès du public blanc. 

Il se tourne alors vers une guitare acoustique et devient une célébrité lors du renouveau du folk blues des années 1960. Il fait alors l'ouverture de grands groupes de rock psychédélique comme le Grateful Dead et Jefferson Airplane.

Au début des années 1970, son succès l'amène à faire une tournée en Europe où il joue pour la reine Élisabeth II. Mais sa santé fragile va le contraindre à s'éloigner des studios d'enregistrement.

Lightnin' Hopkins meurt en 1982 d'un cancer de l'œsophage à Houston.

Ses funérailles réuniront plus de 4 000 personnes dont de nombreux fans et musiciens.

Lightnin' Hopkins a enregistré plus de 85 disques, .

Parmi ses plus grands succès, on peut citer : Katie May, Baby please don't go (chanson que Big Joe Williams écrivit en 1935, ensuite reprise par Lightnin' Hopkins et de nombreux chanteurs de blues ainsi que par plusieurs groupes de rock tels les Them, Aerosmith ou ACDC), Shotgun Blues, Abilene et Short Haired Woman ainsi que son chef-d'œuvre Mojo Hand.

Bien qu'il soit un joueur de blues plutôt solitaire, son album avec Sonny Terry "Last Night Blues" fut un grand succès.

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lun.

16

juin

2014

Mississippi John Hurt et le "fingerpicking"

John Smith Hurt naît à Teoc, dans le Mississippi, probablement le 3 juillet 1893. Influencé par les orchestres à cordes formés par les nombreux immigrants irlandais de sa région natale, John Hurt commence à jouer du banjo, du fiddle et de la guitare vers l'âge de dix ans. Grâce au musicien de country music Willie Narmour, son voisin, il devient vite un virtuose du fingerpicking à la façon ragtime, mouvements alternés et simultanés du pouce et de l'index.

C'est encore Narmour qui l'emmène à New York et lui permet d'enregistrer treize titres en 1928 pour le label Okeh. Cette œuvre, rééditée sur le CD 1928 Sessions (Yazoo), est remarquable : dans des pièces comme Candy Man BluesFrankieAvalon Blues ou Spike Driver Blues, Hurt superpose une voix douce, presque détachée, à un jeu de guitare particulièrement fluide et qui n'a guère d'équivalent.

Cela engendre un balancement tranquille, harmonieux et équilibré, totalement aux antipodes du jeu des bluesmen noirs du Mississippi.

Dans les années 1950, la musique n'occupe plus guère qu'une place anecdotique dans sa vie. Mais la montée du courant folk dans le Nord va faire de lui une sorte de superstar de cette musique. Son œuvre rééditée donne naissance à un véritable culte pour ce guitariste « aux doigts de fée ».

Il plonge alors dans l’oubli pour n’en ressortir qu’en 1963, redécouvert par un musicologue qui lui fait enregistrer de nouveaux titres.

Il se produit ensuite au Newport Folk Festival, puis au Philadelphia Folk Festival et meurt d'une crise cardiaque le 2 novembre 1966 dans le Mississippi.

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ven.

23

mai

2014

He was the blues... Willie Dixon

"The blues are the roots, the rest are the fruits" (Le blues est la racine, les autres musiques en sont les fruits) cette citation est de nul autre que du “Parrain du Blues” Willie Dixon.

Il a littéralement créé le Chicago Blues avec plus de 500 compositions à son actif.

Contrebassiste-chanteur, compositeur et chercheur de talents, nombre de ses chansons comme “Hoochie Coochie Man”, “I Just Want to Make Love to You” écrite pour Muddy Waters, “Wang Dang Doodle” pour Koko Taylor et “Back Door Man” pour Howlin’ Wolf sont devenues de grands “standards” du blues.

 

L’une des chansons les plus enregistrées de Dixon, "My Babe" a été jouée et enregistrée par des artistes aussi variés que les Everly Brothers, Elvis Presley, Ricky Nelson, les Righteous Brothers, Nancy Wilson, Ike et Tina Turner et par les artistes du blues John Lee Hooker, Bo Diddley et Lightnin’ Hopkins.

Dans les années 50 il fait équipe avec le pianiste légendaire, Memphis Slim, avant d'internationaliser son blues dans le cadre du 1er American Folk Blues Festival en Angleterre...

Nominé plusieurs fois aux Grammy Awards dans les années 70, il poursuit sa carrière avec son groupe Chicago Blues All Stars bien que malade du diabète. Il disparaît en1992 à l'âge de 76 ans, laissant à sa veuve la Présidence de sa "Blues Heaven Foundation" à Chicago qui est aussi le siège de Chess Records Studio...

dim.

27

avril

2014

T-Bone Walker, précurseur de l'électric blues

Imbibé de musique dès son enfance, c’est à sa mère qu’il doit son initiation... Aaron Thibeaux, surnommé « T-Bone », apprend instinctivement à chanter et, dès 1925, danse et joue du banjo dans une troupe itinérante rurale.
En 1929, sous le nom de Oak Cliff T-Bone (Oak Cliff est le nom du quartier de Dallas où il vit avec sa mère), il remporte un concours de jeunes talents qui lui donne le droit de suivre sur scène et travailler aux côtés de l’un des chanteurs des revues noires les plus célèbres d’Amérique, Cab Calloway. La même année, il signe chez Columbia Records et enregistre deux titres frappés du sceau « blues texan ».
 A peine âgé de 20 ans, maîtrisant déjà les fondamentaux du blues, Walker découvre alors le monde du jazz.

En 1934, il part s’installer sur la côte ouest, à Los Angeles, plongée en plein essor du Rhythm’n’ Blues. Rapidement adopté par des orchestres de swing, il développe ses talents de compositeur et décide de mélanger le swing des big bands de jazz avec le blues texan de ses origines. C'est avec l’idée d’utiliser l'amplification électrique, qu'il devient le premier guitariste de blues à connaitre une telle renommée à la guitare électrique.
 
La coqueluche de la Californie enregistre alors, en 1940, une compilation des titres phares de son répertoire, l’album T-Bone Blues et se produit sur les plus grandes scènes. Au moyen de sa Gibson ES-250 et son ampli EM-185, ce grand showman « électrise les foules »... et l’expression est ici de mise. Sa signature avec le nouveau label californien Capitol, à partir de 1942, en fait officiellement une des vedettes du blues urbain de la côte ouest, caractérisé par des tempos alanguis, des compositions sentimentales aux atmosphères éthérées…

Sa chanson légendaire « Call It Stormy Monday », figure sur son troisième disque qui sort en septembre 1947. Elle sera reprise par des générations de bluesmen.

Il fait aussi une belle carrière en Europe et enregistre quantité de disques, jusqu'à sa mort en 1975. D'un niveau très élevé, ils constituent le témoignage de l'une des personnalités les plus importantes de l'histoire du blues.

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ven.

04

avril

2014

Blind Lemon JEFFERSON, ou leTexas Blues

Généralement considéré comme le père fondateur du blues du Texas, bien que son style se soit sans doute inspiré d'autres musiciens antérieurs qui n'ont pas été enregistrés, Jefferson fut un des premiers bluesmen solistes à graver des disques.

Sa biographie demeure assez floue. Blind Lemon Jefferson serait né en 1893 à Couchman,  au Texas. Sans doute aveugle de naissance, il commence dès l'âge de sept ans à chanter et à jouer de la guitare dans les rues de Dallas.

 

Comme souvent avec les figures fondatrices du blues, il est difficile de séparer les faits avérés des anecdotes légendaires ; ainsi, Lead Belly, T-Bone Walker et Lightnin' Hopkins auraient guidé ses pas à travers le Texas. Blind Lemon Jefferson devient rapidement le principal porte-parole des travailleurs noirs locaux et sa réputation s'affirme, à tel point qu'il est convié en 1926 à aller enregistrer à Chicago, fait rarissime pour l'époque. Ses premiers disques sont des succès commerciaux et ont un grand impact sur les auditeurs et les musiciens bien au-delà du blues. Son influence sur la première country music sera en fait aussi importante.

Les quelque quatre-vingt-dix titres qu'enregistrera Jefferson définissent les canons du Texas blues : jeu de guitare complexe au rythme erratique, basses frappées suivies d'arpèges héritées de la manière hispanique, versets imagés et poétiques, voix de prédicateur, puissante et à large registre, façonnée par les shows en plein air.

Son succès est tel qu'il se déplace en limousine avec chauffeur privé et qu'il est très sollicité à travers tous les États-Unis pour animer des soirées privées. C'est en sortant de l'une d'elles à Chicago, en décembre 1929, alors que la neige venait de recouvrir les artères de la ville, que Blind Lemon Jefferson se perd dans les rues glaciales des bords du lac Michigan et meurt de froid.

Son œuvre enregistrée demeure fondamentale et plusieurs de ses compositions sont devenues des classiques du rock et du blues, comme Match Box BluesEasy Rider BluesLonesome MoanBad Luck BluesJack O'Diamonds...

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mer.

05

mars

2014

L'impératrice du blues : Bessie Smith

C'est à 29 ans, en 1923 qu'elle signe avec Columbia et enregistre son premier disque. Elle fut une très grande vedette jusqu'à la Grande Crise, avant de sombrer dans l'alcoolisme et la misère dès 1930.

Bessie Smith a gravé une centaine de chefs-d'œuvre, accompagnée par les plus grands jazzmen, dont Armstrong, Coleman Hawkins, James P.Johnson, Fletcher Henderson et son impresario, Clarence Williams.

Ses chansons réalistes, mais peu politisées, décrivent très crûment la misère, la souffrance amoureuse et les calamités naturelles dans un style plus déchirant que plaintif, souvent empreint d'un féminisme rageur. Sous les chapiteaux comme dans les théâtres plus luxueux, sa beauté et son élégance tapageuse, son franc-parler et son instinct bagarreur qui n'épargnent pas les Blancs font de son tour de chant un événement local.

Malgré sa vie très libre, elle va à l'office chaque dimanche, où qu'elle soit, et les innombrables preachers qu'elle y écoute avidement influencent beaucoup ses interprétations profanes.

Par sa grande liberté rythmique et sa diction très subtile, Bessie Smith a su franchir en quelques trop brèves années une distance considérable : celle qui sépare les accentuations un peu carrées du blues rural de ce balancement enjôleur ou songeur que retrouveront à sa suite Billie Holiday et Ella Fitzgerald. Mieux, elle aura découvert tous les codes tacites qui font de la chanteuse de jazz, à part entière, un membre de l'orchestre...

Une pièce d'Edward Albee, "La  mort de Bessie Smith", déclencha à l'époque une polémique sur les raisons de sa mort, consécutive à un accident de voiture en 1937 à Clarksdale (Mississippi).... La rumeur laissait entendre qu'un hôpital "blanc" avait refusé de l'admettre.

Elle mourut comme elle avait vécu : sur la route, car c'est par les minstrel shows itinérants que cette orpheline avait commencé à dix-huit ans sa carrière nomade, dans la troupe où chantait son aînée et premier modèle, Gertrude « Ma » Rainey, à qui nous avons consacré précédemment un article.

 

Un "live" rare et unique de cette grande voix du blues....

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